Lettre d’information du mois de mars 2009 Attendu qu’il n’y a pas de lauriers au Cambodge, nous ne pouvons pas nous reposer dessus, et ceci même si nous en avions eu l’intention, ce qui n’est pas le cas! La patience est une vertu indispensable, et toujours porte ses fruits. Les statuts de l’association cambodgienne Chaul Rean Taing Os Knea ont donc été enfin déposés suite à la rencontre de l’ensemble de l’équipe de l’Ecole de Français à Kep avec la Vice-gouverneur (À l’exception de Sarah qui avait cours à l’heure du rendez-vous). Parallèlement les statuts de l’association française n’attendent plus que leur parution dans le Journal Officiel. Ceci permettra l’ouverture du compte bancaire en avril, et en conséquence la possibilité d’adhérer à l’association. Cette ouverture du compte interviendra en même temps que la mise en ligne du site Internet. Le nombre d’élèves assidus au mois de mars, toutes tranches d’âges confondues, se maintient à environ soixante-dix, et ceci malgré les conditions encore précaires dans lesquelles l’enseignement s’effectue. Les horaires et la répartition des cours sont les suivants. Pour le matin : - De 7 à 8 heures, la classe B1 : élèves de dix à treize ans. Sarah. - De 8 à 9 heures, la classe A1 : élèves de sept à neuf ans. Sarah. - De 9 à 10 heures, la classe des « petits » : enfants de quatre à six ans. Sarah. Pour l’après-midi : - De 15 heures 30 à 16 heures 30, la classe A2 : élèves de sept à neuf ans. Sarah. - De 16 heures 30 à 17 heures 30, la classe B2 : élèves de dix à treize ans. Sarah. - De 17 heures 30 à 18 heures 30, la classe C1 : élèves de treize à quinze ans. Emmanuel et Veng. - De 18 heures 30 à 19 heures 30, la classe C2 : élèves de seize à dix-neuf ans. Emmanuel et Veng. Se rajoutent les cours de français que donne Emmanuel, de dix à onze heures, et les cours d’anglais que donne Veng de sept à huit heures, au personnel de la guest-house « Le Bout du Monde ». La nouvelle tranche concernant les enfants de quatre à six ans sera créée dés la rentrée des classes suite au constat suivant : les petits frères et petites sœurs des élèves venant à l’école de huit heures à neuf heures par curiosité, sont demandeurs. Sarah a donc décidé de leur consacrer une heure de cours, qui s’apparentera plus à de l’éveil qu’à des cours de français au sens propre du terme. Il va de soi que cette répartition des classes par âge n’est pas figée dans le marbre. Certains élèves plus jeunes vont aux cours avec des élèves plus âgés pour des raisons de niveaux. A ce propos, et suite au constat des professeurs, l’école, lors de la rentrée 2009, réfléchira à faire des classes selon les niveaux plutôt que selon les âges. Une certaine souplesse est indispensable afin que des élèves qui avancent moins vite ne freinent pas leurs camarades, qui pourraient alors se sentir frustrés, ou gagnés par l’ennui. Réciproquement, des élèves d’un certain âge mais n’ayant pas été à l’école publique dés le début, pourraient se sentir « largués » et baisser les bras, quitter l’école. Il ne faut jamais perdre de vue le fait des différences entre âge et niveau, et s’adapter pour que tous les élèves puissent avancer à leur rythme. D’un point de vue financier, la donation de mille Euro, de l’association « Pour un Sourire Khmer » est bien arrivée à destination via Cindy, le 26 mars, transformée, par la bonne grâce d’un Euro en pleine forme, en 1300 dollars. Cette somme sera entièrement vouée ou presque aux travaux d’étanchéisation de l’école et de la maison des professeurs. S’il en reste, « l’Ecole de Français à Kep » se verra dotée d’une bibliothèque. L’école étant fermée quinze jours pour le nouvel an khmer, les travaux seront effectués durant cette période. C’est donc une école prête à résister à tous les aléas météorologiques qui rouvrira ses portes le lundi vingt avril! Pour le reste nous en sommes toujours au système D, et comptons sur les adhésions, dans un premier temps, ainsi que sur la présence d’un stand de « L’Ecole de Français à Kep » à la pagode de Vincennes lors des festivités organisées pour le nouvel an khmer. A cette occasion une récolte de fonds sera organisée sous diverses formes. Dons privés ou publics, adhésions à l’association, vente de Kramas, de sacs en tissus traditionnels cambodgiens et de poivre de Kampot. L’équipe de l’association en France sera représentée par Arthur, Nerea, Maud si elle peut venir à Paris, Cindy et Laurent. Y seront aussi présentes des personnes investies dans l’association de par leurs aides et soutiens répétés : le frère de Sok, Vincent, Danielle et peut-être Daniel. A ce propos, toute contribution est la bienvenue, et nous cherchons aussi des gens allant en France dans la quinzaine à venir et pouvant apporter avec eux « quelques kilos » de produits cambodgiens qui seront vendus au stand. Le mois de mars aura aussi été marqué par la présence de Nasonn une Belgo Cambodgienne, qui aura apporté, en sus de sa motivation et de sa bonne humeur, la preuve par A plus B que l’on peut être khmer et avoir l’esprit ouvert, maîtriser plusieurs langues, s’inclure au monde qui nous entoure, ce qui pour les enfants de Psar Kep est loin d’être une évidence. Les cours de danse qu’elle a donné ont été un succès et elle sera de retour en octobre pour un mois de plus. Car « l’Ecole de Français à Kep » ne veut pas se contenter d’apprendre le français à ses élèves, elle veut se servir du français comme un vecteur permettant d’offrir ce que n’offre pas encore le système éducatif cambodgien, en être un complément, permettre une ouverture d’esprit, un éveil, ou plutôt un réveil sur les possibilités de tous : la musique, la danse, le dessin ou la peinture, l’art, le sport, la sensibilisation aux problèmes d’hygiènes, au respect de l’environnement, etc. De plus l’école s’inscrit dans le cadre du développement de Kep, dont on sait maintenant qu’il est une priorité gouvernementale. Sinon il reste à signaler la publication dans le dernier Echo du Cambodge d’un article complet, avec logo et photo, consacré à « L’Ecole de Français à Kep », et la très proche installation d’Internet au Caméléon, qui permettra une communication plus facile et active, ainsi que la recherche de supports éducatifs, de comptines et chansons, d’histoires sur le Cambodge, sur Kep, etc. Cette connexion « à domicile » facilitera aussi la mise à jour du site Internet. Un accord a été passé avec Narita, société spécialisée dans l’import-export France-Cambodge, qui nous offre trois mètres cubes dans leurs conteners pour l’acheminement de matériels, et à ce propos nous tenons tout particulièrement à remercier Stéphane Guilhard. Nous venons aussi de recevoir l’appui et le soutien de Hisham Mousar, chef de projet à l’Université Royale de Droit et de Sciences économiques de Phnom Penh. Pour couronner le tout, la réfection du « Stade Olympique », soit un terrain de tennis, un terrain de basket, un terrain de volley et un quatrième terrain, couvert, pour le Badminton, est en cours. La direction devrait en revenir à Madame Sambath, notre principal soutien à Kep. Les élèves de l’école en seraient bien sûr les premiers bénéficiaires, et nous permettrait de coller à cette latine et belle devise : un esprit sain dans un corps sain! Pour terminer, vous aurez remarqué deux grands absents dans cette lettre, Cindy et Sok, et ceci pour la bonne raison qu’on garde toujours le meilleur pour la fin. Nous commencerons par un hommage. Un hommage qui n’est pas une nécrologie, rassurez-vous! Seulement Cindy Morillas, notre Chef de Projet et surtout notre amie, quitte le Cambodge pour de nouveaux horizons, la France puis le Cameroun. Je ne pense pas m’avancer en disant qu’elle a été la clé de voûte, et qu’elle le reste, de ce projet initié par Sok. Elle a porté sur ses épaules, durant plusieurs mois, donnant son temps et son énergie sans compter, la création de l’école et celle de l’association, entités indissociables, entremêlées, se servant de l’une et de l’autre pour que l’Ecole non seulement vive, mais surtout, et c’est là le plus important, perdure. Elle a été le bras droit de Sok, qui se retrouve, comme nous, orphelin de son énergie. Mais la motivation est là, et c’est à nous de faire en sorte qu’elle ne s’éteigne pas. Nous avons maintenant une école qui souffle les bougies de son deuxième mois d’existence avec succès. Nous avons maintenant un directeur qui peut se consacrer à pérenniser cette école, nous avons maintenant, et c’est peut-être là le plus important, plus de soixante enfants qui viennent tous les jours pour apprendre. Nous avons deux professeurs qui ne lâcheront pas l’affaire. Nous avons des soutiens et nous participons à une énergie constructive dans une région du Cambodge qui ne demande que ça. Nous avons aussi un but très concret, qui demandera trois ans d’enseignement : permettre à nos élèves d’aller à Phnom Penh passer le diplôme officiel de Français Langue Etrangère au Centre Culturel Français, et nous y arriverons, doucement mais sûrement! Alors, encore merci à tous, joyeux nouvel an Khmer, et suite des aventures de « l’Ecole de Français à Kep » le mois prochain!
Sôm Ôkun !
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