Lettre d’information Mai 2009 Bonjour à tous!
Une fois n’est pas coutume, nous commencerons le début de cette lettre par ce qui aurait pu en être la fin. C'est-à-dire en souhaitant un bon anniversaire au Roi, d’autant que l’équipe de l’Ecole de Français à Kep (l’EFK) le rencontrera en audience le 13 juin. Sok, Sarah, Veng, Frédéric (sur qui je reviendrai plus tard), les parents de Sok et moi-même devons en effet le rencontrer pour lui présenter notre projet et solliciter son soutien. Tout le monde s’y prépare car il va de soi qu’un certain protocole est à respecter. Il vous faudra patienter et attendre la lettre du mois de juin pour connaître les résultats et les impressions liés à cette entrevue « royale ».
Les travaux de l’école sont enfin terminés. La voici donc étanche, consolidée, digne d’accueillir ses élèves, élèves qui auront à leur manière participé à son amélioration, entre autre en aidant au nettoyage du terrain alentour qui lui aussi commence à prendre forme. La cour de récréation est délimitée par une charmante clôture en rondins de bois et des poteaux sont prêts à accueillir la lumière, dès que nous pourrons l’installer. Quant à l’allée, elle est en phase de constituer un jardin de fleurs de plus en plus épanouies, variées et multicolores. La présence du puits et des pluies régulières n’y est pas pour rien! L’école est aussi sécurisée par trois verrous qui vont nous permettre de laisser à l’intérieur et en permanence des posters plastifiés représentant les nombres et les chiffres, l’alphabet, le corps humain, les couleurs et les formes géométriques, ainsi qu’une « immense » carte du monde avec les drapeaux des pays de ce même monde, le tout en français dans le texte comme de bien entendu. Nous pouvons aussi dès maintenant commencer à mettre en place la bibliothèque.
La bibliothèque. Suite à de nombreuses discussions et malgré le travail supplémentaire que cela va représenter, nous avons décidé qu’elle serait accessible à tous les habitants de Kep, avec bien sûr une priorité pour les élèves de l’école. Il va donc falloir référencer les deux cents livres et magazines déjà en notre possession, organiser des permanences ainsi qu’un système de prêt. Tout cela sera gratuit, seule une caution sera demandée pour les emprunts. Sa mise en place commencera la semaine prochaine et devrait demander une quinzaine de jours. Elle se situera provisoirement à l’étage de l’école, où seront disposés des tapis de sol et des tables pupitres. Elle se complétera de jeux d’éveils et d’un espace de dessin pour les plus petits. Selon nos possibilités et nos emplois du temps de plus en plus chargés, les horaires d’accessibilité et l’ouverture le week-end sont en cours de réflexion.
Ce mois-ci aura vu le départ de Valérie Michalon, qui aura passé environ un mois et demi en notre compagnie. Valérie est la mère de Nerea Michalon, trésorière adjointe de l’association française Ecole Pour Tous. Elle nous aura apporté, en plus de sa bonne humeur et de ses indéniables talents de cuisinière, son énergie, sa motivation ainsi que des puzzles et des jeux d’éveils, des posters et affiches plastifiés et de la pâte à modeler. Tombée sous le charme de Kep, et de l’école, elle réfléchit à la possibilité de nous rejoindre pour transformer l’actuel Caméléon en véritable salon de thé et boutique de produits biologiques issus du potager que nous comptons mettre en place avec les élèves à la rentrée prochaine, après la saison des pluies. Elle aura aussi profité de ce séjour pour prendre moult photos et vidéos qui viendront bientôt alimenter le groupe sur Facebook ainsi que le site Internet de l’école. Nous la remercions pour tout. Un départ étant toujours suivi d’une arrivée – ainsi va la vie à Kep – nous saluons celle de Tarek Boudjema, ami de Sok, animateur social et entraîneur de football, venu tout droit des Ardennes pour s’installer à Kep. Sa participation et son implication dans le cadre de l’EFK seront développées dans un prochain chapitre. Dans la série des remerciements, nous tenons tout particulièrement à rendre hommage au père de Sok, Monsieur Antoine Pin NGO, par ailleurs trésorier de l’association Chaul Rean Taing Os Knea, qui cède le terrain qui lui appartenait et sur lequel l’école est construite, ce qui assure ainsi une pérennité supplémentaire à l’EFK. Mais nous sommes au Cambodge, il faut donc maintenant obtenir l’inscription au cadastre dont le coût s’élève à environ mille dollars. Ils seront pour moitié financés par Sok et son cousin, et pour la seconde moitié par Grégory Tissot, qu’il nous faut remercier ici pour plusieurs raisons. D’abord, donc, pour sa participation financière à l’officialisation du cadastre, puis pour sa venue à Kep avec une « hotte » pleine de présents venus de France et de Corée : quatre raquettes de tennis et deux tenues complètes, des affiches et posters dont je parlais plus haut, du matériel scolaire (Feutres Veleda, stylos Bic et stylos 4 couleurs, papiers Canson), et les « impondérables » : saucissons, fromage et vin rouge, ainsi que des journaux français…) Enfin, il compte s’investir au sein de l’ASK (Association Sportive de Kep) dont je parle plus loin, en fournissant du matériel et en étant le relais de l’association à Paris. Il reste à signaler, avec une joie indéniable, l’arrivée de Frédéric Bouraïma, dans l’organigramme de l’association, dont il sera le relais et le porte-parole à Phnom Penh. Frédéric est professeur de physique-chimie au lycée Descartes de Phnom Penh depuis un an.
Une fois n’est pas coutume, nous tenons à renouveler nos remerciements à Madame Sambath, de la guest-house « Le Bout du Monde », qui a mis à la disposition de l’école et des professeurs un terrain et une petite maison plus que charmante, situés à dix minutes de l’école et du Caméléon, dans un cadre paradisiaque. Elle permettra aux membres de l’équipe de l’EFK d’y passer qui un week-end, qui une journée, qui une semaine. Le calme et la sérénité qui y règnent sont de surcroît plus que propice au travail de chacun, qu’il soit personnel ou lié à l’école.
L’EFK aimerait aussi mettre en place dès l’année prochaine une initiation à l’informatique pour les élèves dont l’âge se situe entre quatorze et vingt ans. Dans ce cadre nous tenons à remercier la Société Concessionnaire des Aéroports qui suite au renouvellement de son parc informatique nous a fait don de trois ordinateurs. Nous les stockerons dans l’attente d’un lieu sécurisé où les installer. Un de ces ordinateurs sera opérationnel dès réception et mis à disposition de l’équipe de l’EFK pour faciliter la gestion et l’administration de l’école. Il vient en complément d’un ordinateur portable qui avait été offert par Madame Sylvia Sisowath. En parlant d’ordinateur, nous remercions Vincent Faure qui continue semaine après semaine à améliorer et compléter le site Internet de l’école. Le dossier du projet y sera bientôt téléchargeable, un livre d’or est désormais en ligne, et nous finalisons la rubrique des adhérents, dans laquelle seront citées, après avoir reçu leur accord, toutes les personnes ayant adhéré et cotisé à l’association. Nous réfléchissons aussi à un système de paiement et d’adhésion en ligne.
Par ailleurs, les grandes lignes d’un regroupement d’associations, de guest-house et de personnes vivant à Kep sont en train de s’esquisser pour développer le sport, l’art et la culture à Kep. Un magazine verra le jour, regroupant des textes et poèmes autour de Kep, écrits par moi-même et par Chat Piersath, Khmer ayant vécu en France et au Etats-Unis, actuel gérant du Sailing Club, trilingue, poète et peintre. Des textes historiques et divers seront écrits par Jean-Michel Filippi, linguiste, journaliste, anthropologue et professeur à l’Université Royale de Phnom Penh, principal initiateur d’un musée qui devrait voir le jour d’ici un an à Kep, sur la route qui mène à Kampot. Des reproductions de peintures et/ou des textes de Madame Sambath, qui est propriétaire de la guest-house « Le Bout du Monde », ainsi que des tribunes libres autour de Kep avec des intervenants réguliers ou non, dans les domaines de la culture et de l’art. Y seraient aussi publiées les lettres d’information de l’Ecole de Français à Kep ainsi que les programmes des activités culturelles et artistiques que veulent initier Jean-Michel Filippi et Madame Sambath. L’école, dans son désir de promouvoir l’éducation, y est parfaitement à sa place, et permettra à ses élèves un accès à des domaines jusque à présent concentrés sur Phnom Penh et Siem Reap.
Toujours dans ce cadre de développement, l’EFK va créer l’ASK, l’Association Sportive de Kep. Ainsi les élèves pourront avoir accès à des terrains de sport, à du matériel sportif de qualité, et à un entraînement qui sera donné par des professionnels ou des sportifs avertis, en la personne de Sokphal Ngo Sisowath, diplômé d’une licence STAPS d’entraînement sportif. Moniteur de tennis durant neuf ans, coordinateur pour la ville de Paris et préparateur pour le ministère français de la défense, il s’occupera de la section sport de raquettes (Tennis, badminton, tennis de table) et sport collectif (volley, foot, basket). Tarek Boudjena est détenteur du BEES, (le Brevet d’Etat d’Educateur Sportif) et licencié spécialisé en sport collectif. Entraîneur de foot et animateur social durant neuf ans dans les Ardennes, catégorie 10-14 ans, il se chargera de l’entraînement de l’équipe de football, mettant à profit son expérience à la fois pédagogique et pratique. Sarah Dohr a été initiée au Volley-ball dès l’âge de 14 ans, elle joue en 3ème ligue à Susten, Suisse, puis passe le brevet d’arbitrage et de monitrice Jeunesse et Sport (Enseignement Sportif National Suisse). Par la suite elle entraîne durant 5 ans la catégorie Junior « A » (Filles de 12 à 16 ans) et un groupe de « Minis » (Filles de 8 à 11 ans). En parallèle elle est volleyeuse en ligue 2 à Visp et arbitre pendant 5 ans dans tout le canton du Valais. Elle se chargera de la formation et de l’entraînement d’une équipe féminine de Volley.
Enfin, et nous touchons là un des points les plus importants de cette lettre, un partenariat est en train de se mettre en place avec l’ONG HAMAP. Spécialisée dans les actions de déminages des mines antipersonnelles, elle a étendu ses champs d’interventions à divers domaines comme la dépollution, la mise en place de camps de réfugiés, la construction d’écoles et de dispensaires, l’assistance médicale mobile de campagne, le tout dans plusieurs pays du monde, en Afrique particulièrement. Depuis plusieurs années présente au Cambodge, elle s’est particulièrement faite remarquer et apprécier dans son travail de déminage. Le Cambodge est un des trois pays au monde ayant été le plus touché par ce fléau. Les chiffres sont impressionnants en ce qui concerne les mines dans le grand ouest du pays. Pour les bombes dans l’est cambodgien, on estime leur puissance totale à cinq fois celle de la bombe atomique de Hiroshima.
Suite à la rencontre de Cindy Morillas, la chef de projet, puis de Sok Ngo Sisowath, avec le président de la branche HAMAP Santé au Cambodge, l’idée d’un partenariat s’est précisée. En effet, notre projet semble parfaitement concorder avec les orientations décidées par HAMAP Santé, et ils nous ont donc proposé de venir, dans le cadre de l’école, avec une antenne médicale mobile, dans le but de faire un premier bilan de santé des élèves, de l’équipe d’EFK, des parents d’élèves, et si le temps le permet, des habitants de Pshar Kep qui le désireraient. Les problèmes d’hygiène, de santé, de plaies mal soignées, d’infections, sont légion ici, et l’accès aux soins plus que limité. Mais ça ne sera qu’une première étape, puisque le but est un suivi de santé plus global, avec par la suite la mise en place d’une permanence médicale, la fabrication et la distribution de cahiers de suivi de santé et de prospectus bilingues d’information et de prévention, ainsi, bien sûr, que la présence d’un médecin et des moyens qui vont avec, à Pshar Kep.
Comme vous pouvez le voir, le projet d’EFK continue son chemin et ne saurait s’arrêter là. En plus d’une école de français, c’est un accès à l’éducation, à la santé, au sport, à la culture, que nous voulons offrir. Et ainsi, par un effet boule de neige, l’on pourra stimuler les initiatives locales et faire prendre conscience de l’importance à ce que l’ensemble de ces secteurs se rassemblent, s’amalgament, pour offrir de meilleures perspectives quant à l’avenir des habitants de Pshar Kep. Victor Hugo disait qu’une école qui ouvre, c’est une prison qui ferme, alors continuons dans cette voix, persévérons et rassemblons les énergies pour que l’aventure continue encore et encore.
Mais cette aventure ne saurait continuer sans le nerf de la guerre, l’argent, qui commence à manquer de plus en plus sérieusement. A ce sujet, l’association française est enfin officielle et le compte sera ouvert sous quinze jours, nous allons donc lancer une vaste campagne d’adhésions, qui, en attendant l’arrivée de subventions, nous permettra de perdurer, d’avancer, d’améliorer ce qui est déjà en place. Nous rappelons que le montant de l’adhésion est de 24 Euro ou de 30 dollars par an. Chaque adhérent(e) se verra remettre un bulletin d’adhésion, sera inscrit(e), s’il le désire, sur la liste des adhérents, visible sur le site Internet de l’EFK, et recevra chaque mois la lettre d’information de l’école. Plus que jamais nous avons besoin de vous, de votre soutien. Une liste précise et chiffrée des besoins matériels, financiers et humains sera envoyée à tous les membres et soutiens de l’association avec la lettre d’information du mois de juin.
Merci encore, et « samnang lao »!
Ôkun!
|